Entretien avec A.Boukouss,directeur de l’IRCAM

agoram

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Entretien avec Ahmed Boukouss, directeur de l’IRCAM


“Notre culture est millénaire et face à la mondialisation nous avons besoin de nous affirmer”



Le Forum associatif organisé les 4 et 5 mars à Bouznika regroupant quelque 75 associations de langue amazighe donne une idée des possibilités d’action par la mobilisation collective. L’articulation mais aussi les voies et moyens entre la réhabilitation et la promotion de la langue et de la culture amazighes et le développement durable sont des pistes de réflexion d’une stratégie de développement national. Le constat est là : ce sont les régions amazighes du Moyen, Haut et de l’Anti-Atlas qui sont les plus pauvres, les plus marginalisées et exclues du développement. Si la réorientation des ressources nationales vers ces régions est indispensable, elle n’est pas suffisante. Le développement durable nécessite en effet la participation des populations et leur implication dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la culture. Ces populations doivent maîtriser les moyens de développement. La véritable force de toute politique de développement est de se donner les moyens de participer et de faire participer ces populations à la lutte contre la pauvreté des populations amazighes. Ce défi est un défi national qui passe par la compréhension des revendications de ces populations qui veulent se sortir de la quadrature du cercle de la misère. L’un des moyens, c’est la reconnaissance de cette culture, l’apprentissage de cette langue et la concentration des efforts sur l’éducation de tous, filles et garçons, pour sortir du piège de la pauvreté. Cet investissement dans le développement humain, c’est l’affaire de tous, et c’est dans ce sens que l’Association Fès Saïss, le Conseil de la ville, l’IRCAM et l’Université de Fès organisent dès aujourd’hui, du 10 au 12 mars le premier Festival de la culture amazighe à Fès qui, par des changements démographiques, devient un creuset de la culture amazighe. Pour ses organisateurs, la culture amazighe est une richesse nationale et ce festival veut œuvrer à la consolidation des valeurs de la paix, du dialogue et de la cohésion nationale. Ces valeurs célèbrent la diversité culturelle et le fondement de la liberté. «Le brassage entre culture amazighe et culture arabe a créé une symbiose et une richesse culturelle remarquable au Maroc et c’est cette richesse, cette inventivité, cette vigueur culturelle qui permettront au Maroc de faire face au rouleau compresseur de la mondialisation. Les thèmes inscrits au colloque, «Histoire et héritage amazighs, amazighité et intégration sociale, amazighité composante fondamentale de la culture marocaine, enseignement de l’amazigh: bilan et perspectives d’avenir, l’impact de l’amazigh sur la langue arabe, la littérature et la chanson amazighes» seront traités par des chercheurs et universitaires spécialistes de la culture amazighe. Une culture qui fait l’objet d’une forte revendication comme nous l’explique M. Ahmed Boukouss, directeur de l’Institut Royal de la culture amazighe dans l’interview qui suit.

Libération : L’IRCAM a organisé les 5 et 6 mars dernier à Bouknika un forum où les associations culturelles amazighes ont pu s’exprimer et faire part de leurs attentes et de leurs doléances. Qui était représenté et comment les débats se sont ils déroulés?

A.Boukouss : 74 associations de toutes les régions du Royaume étaient présentes, d’Al Hoceima, de Nador, de Marrakech, du Haut et Moyen Atlas, du Souss, soit quelque 200 personnes, tous des militants de base. Au-delà de la rencontre qui était nécessaire, notre objectif était d’établir un pont entre l’IRCAM et les associations culturelles. L’institut est le prolongement naturel du mouvement associatif qui a longuement revendiqué la promotion de la langue et de la culture amazighes mais aussi demandait et revendiquait la création d’un institut. Les personnes qui étaient présentes à Bouznika étaient jeunes, issues de l’université et avaient une conscience aiguë de leur identité et de la nécessité de la promouvoir et de la défendre. Ces jeunes ressentent une frustration parfois exacerbée du fait que les choses ne vont pas assez vite pour eux au niveau de l’enseignement par exemple.

Pourquoi les choses ne vont-elles pas assez vite alors même que les orientations Royales sont précises? Quels sont les obstacles qui freinent?

Les obstacles sont à mon avis purement techniques. Je ne pense pas qu’il faille mettre en cause la bonne volonté de l’Education nationale. Les académies n’ont pas acheté les livres la première année, et les élèves ont travaillé sans ouvrage alors que l’IRCAM a publié l’ouvrage de première et de deuxième années. Il y a eu un problème de coordination avec l’imprimeur et les différentes académies.

Dans ces ouvrages avez-vous pu restituer l’unité de la langue?

Notre approche a été soucieuse de la réalité. Dans le manuel de la première année, les textes ont été restitués dans le parler de l’apprenant, en dialecte. Nous avons donc un manuel en tachelhit, un autre en tamazight et un autre en tarifit. Au niveau du manuel de la deuxième année, nous avons changé d’approche, car nous maîtrisons l’approche sur le plan pédagogique et il faut des ouvrages qui nous permettent d’aller dans le sens de l’unification de la langue. Nous avons donc un seul manuel pour la deuxième année et des activités communes à l’apprenant d’où qu’il soit. Dans ce manuel, il y a des choses communes aux divers dialectes et des choses nouvelles au niveau du vocabulaire moderne et de la terminologie. Nous progressons dans le sens de la standardisation de la langue.

Vous évoquez des obstacles techniques, d’autres parlent de résistance souterraine à l’implémentation de l’amazigh?

Non, je le répète, les obstacles sont purement techniques: au niveau de la distribution des ouvrages mais aussi au niveau de la formation des enseignants et des inspecteurs. Pour le français, l’arabe, les maths, des enseignants ont été formés dans les centres de formation des inspecteurs (CFI) ou des centres pédagogiques régionaux. Nous souhaitons que les instituteurs de langue amazighe soient formés dans les mêmes centres et dans les mêmes conditions. Pour le moment, nous essayons de parer au plus pressé, nous assurons une formation continue dans le sens du recyclage. L’enseignant d’arabe qui prendra en charge l’enseignement de l’amazigh sera formé. Malheureusement le temps qui est consacré n’est pas suffisant car la pédagogie est nouvelle et il faut prendre son temps. Les sessions de formation doivent être répétées. A notre niveau nous essayons de répondre aux besoins des académies du moins celles qui s’adressent à nous, car pour la majorité d’entre elles, ce n’est pas le cas.

C’est pourtant l’IRCAM et l’IRCAM seul qui est habilité à procéder à la formation des enseignants?

Oui, tout à fait; personne d’autre n’est habilité à le faire. Nous parlions des obstacles qui empêchent la généralisation de l’amazigh. Il y a la question de l’audiovisuel. Notre conseil d’administration accorde une grande importance à cette question. L’enseignement ne touche que les enfants tandis que les médias audiovisuels touchent toute la population. Il faut faire dans ces médias une place décente à l’amazigh, nous n’acceptons plus les seules émissions à caractère folklorique. Il faut des émissions culturelles, de débats politiques, de loisirs à l’instar des autres émissions. L’audiovisuel représente pour nous un champ prioritaire. Nous avons signé une convention cadre avec le ministère de la Communication, nous avons créé une commission mixte dans laquelle il y a des représentants du département de la Communication et de l’IRCAM qui a mis au point un programme de travail dans lequel il y a un certain nombre d’actions présentées comme des recommandations aux directions des différentes chaînes.

A Bouznika les débats étaient passionnés?

Passionnés mais dans un climat serein. Les militants ont fait preuve d’esprit de responsabilité, car ils ont conscience de la difficulté des problèmes et des obstacles que nous évoquions. Ils ont montré également leur détermination d’agir dans le sens de la consolidation de la culture amazighe. Les recommandations ont prôné la généralisation de l’enseignement, la distribution du manuel scolaire, la formation des enseignants, l’intégration des programmes culturels amazighs, au niveau de l’audiovisuel. D’autres problèmes ont été évoqués auxquels il faut remédier. Dans certaines régions, des responsables de l’état civil refusent l’inscription des prénoms amazighs choisis par les parents, d’autres refusent de reconnaître des associations amazighes.

Vous avez pris langue avec le ministre de l’Education nationale, M. Malki ?

Nous avons tenu une réunion le 3 mars dernier avec M. Malki accompagné de trois directeurs centraux. Cela a été l’occasion de réaffirmer la bonne volonté des responsables de ce département ministériel et notre engagement à collaborer avec eux. Nous avons passé en revue les acquis, car il faut dire qu’en matière d’enseignement de l’amazigh, nous partions de zéro.

Quel bilan en matière d’enseignement peut-on faire deux années après la création de l’IRCAM ?

L’acquis fondamental, c’est qu’il y a maintenant un enseignement de l’amazigh et que cela, c’est irréversible; cette langue est enseignée dans 350 écoles durant trois heures hebdomadaires. 800 enseignants et une centaine d’inspecteurs enseignent l’amazigh à quelque 25.000 enfants. Il y a eu pour la deuxième année un accroissement de l’ordre de 20%. Le ministre a réaffirmé l’engagement de son département d’étudier les obstacles et d’apporter des solutions. Avec la réactivation de la commission mixte IRCAM-Education nationale, nous sommes décidés à aplanir les difficultés.
La démission des sept membres du conseil d’administration de l’IRCAM aura eu l’effet d’un coup de semonce et n’aura pas été inutile même si on peut le regretter. C’est votre cas ?
Oui, je le regrette sincèrement, personnellement en tant que président du conseil d’administration et en tant que recteur et au nom des collègues qui travaillent dans l’institution, nous regrettons cette décision tout en respectant la volonté de ces amis. C’est effectivement un appel, un cri d’alarme, pour que les départements ministériels prennent leurs responsabilités parce que l’amazigh relève d’une responsabilité nationale.
C’est précisément parce que l’amazigh est une question nationale que l’Association Fès-Saïss organise le premier Festival culturel amazigh. Quelle est votre sentiment sur ce choix de Fès ?
La consolidation de l’amazigh passe par l’ouverture de l’IRCAM sur son environnement, sur la société civile, le mouvement associatif, les partis politiques. Lorsque nous avons été invités par l’Association Fès-Saïss à la préparation du festival, nous n’avons pas hésité une seule seconde. Nous avons mis à la disposition de l’association nos moyens financiers, matériels et nos ressources humaines. Une dizaine de chercheurs vont collaborer aux journées scientifiques. Nous sommes ouverts à toutes les initiatives et c’est de cette façon-là que la société marocaine va s’ouvrir sur cette dimension de l’identité nationale.

Une dimension qui n’est pas que folklorique comme beaucoup ont tendance à le croire?

Je suis contre cette vision des choses souvent véhiculée par les médias. Notre culture est millénaire. Nous avons suffisamment de vestiges qui démontrent que l’homme nord-africain amazigh était un homme industrieux qui, à l’époque, était très en avance par rapport à l’homme ibérique. Nous avons un certain nombre de preuves pour confirmer cela. Je pense par exemple à l’écriture tifinagh qui est une écriture phonographique, alors qu’à l’époque la majorité des écritures étaient pictogramatiques qui utilisaient des images alors que notre écriture utilisait des lettres d’alphabet phonétique. Depuis la période romaine, nous avons des témoignages qui démontrent la grandeur de cette langue et de cette culture.
Qui aujourd’hui au XXIe siècle revendique son droit d’existence. Pourquoi cette revendication de plus en plus forte aujourd’hui ?
C’est une revendication qui n’est pas propre au Maroc ou au Maghreb. C’est un phénomène mondial. Il faut restituer cela dans la mondialisation culturelle. On ressent le besoin de se défendre face au déferlement d’un modèle uniforme, unique et uniciste. Les gens veulent exprimer leur diversité, leur originalité, leur spécificité face à la toute puissance de la culture anglo-saxonne. Il est normal que la jeunesse marocaine sente le besoin de s’affirmer face à la domination et au rouleau compresseur culturel américain. Nous avons la volonté de penser, d’organiser la diversité et cela est une preuve de la confiance que l’on peut avoir en soi qui permet de penser diversité, différence, tolérance, richesse plurielle. Les intellectuels de notre pays doivent prendre conscience de cette pluralité et de la richesse amazighe. Celle-ci doit être implémentée au niveau de l’éducation, des médias, de la culture pour que chacun d’entre nous se sente véritablement marocain dans l’unité et la cohésion nationale.
L’intolérance et parfois le mépris que l’élite a prodigués à cette culture ont créé une grande souffrance sociale chez une grande partie de la population. Ce refus de la différence, on le ressent encore ?
Oui. La culture amazighe a été ignorée, et n’a jamais été prise au sérieux. On n’a jamais réfléchi de manière conséquente et rationnelle à son insertion à l’école ou dans la société. Il y a encore le poids de l’idéologie nationaliste de l’époque qui s’inscrivait dans une vision arabiste. On a pensé que l’intérêt pour la culture amazighe pouvait être un danger potentiel pour l’unité arabe ou l’unité de la culture arabo-musulmane. De par le monde, on sait que l’on peut constituer une communauté nationale dans la cohésion qui peut œuvrer pour des objectifs de développement durable. Dans ce modèle de développement démocratique pluriel, nous avons notre place et nous voulons apporter notre contribution à l’édification de ce développement durable qui passe par la réhabilitation et le respect de notre culture.

Soyons franc, beaucoup appréhendent cette montée revendicatrice comme une source de désunion et de rupture. Qu’avez-vous à dire ?

Je m’inscris en faux contre cela, contre cette façon de voir. Pour être unis, il faut s’accepter, il faut accepter l’autre, accepter la différence qui est une richesse. Nous ne pouvons pas travailler dans un carcan homogénéisant qui fait fi d’une dimension historique et anthropologique nationale.

Qui fait, ironie du sort, que les chaires de berbère se trouvent à Paris, ou dans les universités américaines, mais pas à Alger ou à Rabat ?

Oui cet enseignement existe depuis le début du XXe siècle, il existe aux Etats-Unis, en Hollande, en Allemagne, en Russie. Le grand paradoxe, c’est que ces universités n’existent pas au Maghreb, ou au Maroc, c'est-à-dire chez nous. Nous avons soulevé cette question avec le ministre de l’Education. On a demandé à ce que l’on crée un département de langue et de culture amazighes à l’instar d’autres cultures. Après tout, on enseigne bien chez nous le turc, le persan, le japonais, l’hébreu mais pas l’amazigh. C’est contradictoire et en même temps insupportable d’être non pas marginalisés mais tout simplement niés. Le ministère de l’Education nationale est d’accord pour envisager la possibilité de créer des chaires et des filières d’amazigh. C’est la voie pour former des spécialistes et des enseignants de la culture amazighe qui pourront enseigner au primaire, au collège, et pourquoi pas demain à l’université.

Vous êtes écouté ?

Oui. Nous sommes entendus par des responsables politiques, par la ociété civile, par des associations. Il y a un débat démocratique sur ces questions. Il y a même nombre de personnes, décideurs économiques entre autres, qui étaient contre et qui commencent à comprendre l’intérêt stratégique d’une telle approche et de la prise en considération de la langue et de la culture amazighes.

Quand vous parlez d’intérêt stratégique, que voulez-vous dire ?

Sans l’implication et la participation des ressources humaines des populations, nous ne pourrons parler de développement durable. Ces populations vivent dans un état de paupérisation indigne et effroyable dans des régions enclavées, on l’a vu avec le tremblement de terre d’El Hoceima. Cette pauvreté extrême, nous la retrouvons dans le Moyen Atlas, l’Anti Atlas, le Haut Atlas. Dans toutes les régions amazighophones, on retrouve ces situations de marginalisation et je le répète de très grande misère. Il est très important de comprendre les fondements culturels de ces populations, leurs besoins et comment on peut leur venir en aide. Le passage par la culture est un passage obligé pour le développement durable et pour la réduction de la pauvreté. Notre pays a ratifié la Déclaration du Millénaire adoptée lors du Sommet millénaire organisé par les Nations unies. Ces objectifs vont de la réduction de moitié de l’extrême pauvreté à la scolarisation de toutes les filles et des garçons dans le primaire d’ici une décennie. Le chemin qui reste à parcourir pour atteindre cet objectif est considérable et il ne sera possible que si les populations participent et s’impliquent dans ces objectifs qui passent par une promotion de la culture amazighe.

L’un des outils de cette promotion, c’est l’IRCAM?

Oui, tout à fait. C’est l’un des instruments de promotion de cette culture. Le Dahir de création qui organise cet Institut promulgué le 17 octobre 2003 explicite de manière très claire la stratégie de l’IRCAM. Sur le plan politique et quand Sa Majesté le souhaite, l’IRCAM fournit des consultations sur la question amazighe. L’Institut travaille en collaboration avec les départements ministériels et intervient sur le plan opérationnel dans un certain nombre de domaines : éducation, communication, vie locale et vie associative. Sur cet ensemble de chantiers, l’Institut mène des actions inscrites dans les plans annuels et pluriannuels.
Quelle est la marge de manœuvre de l’Institut?
Nous n’avons jamais eu d’interventions directes nous demandant d’initier telle ou telle action. Lorsque la graphie a été posée par exemple, nous l’avons étudiée dans la sérénitésur le plan technique au niveau des centres de l’IRCAM. Le dossier technique a été transmis au conseil d’administration et a fait l’objet d’un débat démocratique. Chacune des parties a défendu ses positions, les uns étant pour l’alphabet arabe, d’autres pour l’alphabet latin et d’autres pour le tifinagh. Il y a eu un vote démocratique qui a privilégié l’alphabet tifinagh. Le résultat du vote a été transmis au Souverain qui a donné son accord. Pour cette question d’une extrême importance comme pour toutes les autres, il n’y a pas eu de manipulation ou d’intervention.

Dans ces conditions, comment comprendre la démission des membres de l’IRCAM?

Nos collègues ont démissionné parce qu’ils estimaient qu’au niveau gouvernemental, au niveau des ministères notamment Education et Communication, les choses avançaient trop lentement. L’IRCAM n’a que deux années d’existence au cours desquelles beaucoup de choses ont été réalisées, la mise en place de l’Institut avec le fonctionnement du conseil d’administration, l’élaboration du cadre juridique et normatif, la mise en place des structures administratives et des entités scientifiques, la mise en œuvre des programmes d’activités et la procédure d’évaluation de ces programmes. La plupart des outils pédagogiques des deux premières années de l’enseignement sont confectionnés, la graphie tifinagh et la police tifinagh sont codifiées, l’orthographe et la grammaire de l’amazigh sont normalisées. Des travaux de recherche fondamentale sont initiés dans le domaine de l’histoire et de l’anthropologie; la collecte et l’analyse des matériaux littéraires et artistiques sont entamés. Nous avons organisé de nombreux colloques pour dresser l’état des lieux sur le théâtre, la poésie, la littérature, la femme qui, malgré un statut minoré, a permis la préservation de la culture orale et une osmose avec l’environnement. Nous avons avancé dans notre stratégie globale qui articule la problématique de la culture et du développement durable. Comment la culture peut-elle servir le développement durable et comment le développement peut-il constituer un levier pour la durabilité de la culture qui, jusque-là, étaient pensés et vécus comme des entités abstraites et désincarnées? Nous devons sortir de là, en vivifiant cette culture, en procédant à l’articulation de cette culture sur le réel social en coopération avec le tissu associatif qui est dense et plein de ressources. C’est ce que nous avons fait en nous réunissant les 4 et 5 mars avec 74 associations venues de toutes les régions. Le chemin est long, extrêmement laborieux, mais nous avons pris la bonne direction.

Farida Moha
liberation.ma
 
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