La visibilité du mouvement amazigh
Hha Oudadess (Rabat)
Tout d'abord, un constat. Il y an hiatus énorme entre la présence de Tamazight au Maroc –et en Tamazgha (Afrique du nord)- et sa reconnaissance dans les texte officiels de l'état. Bien plus, ce dernier, avec un mépris à peine voilé, l'ignore superbement et fait tout, en pratique, pour la dévoyer. Le but final, la mission ultime, étant d'éradication de l'amazighité.
Il n'y a pas encore de réponses vraiment positives et sincères aux attentes des Imazighen. La raison en serait le manque de visibilité du mouvement amazigh.
Je ne réponds ici aux Marocains qui avancent cet argument. Contrairement à certains d'ente nous, je considère qu'un dialogue ne peut continuer que s'il donne des résultats au fur et à mesure. De plus, il n'est utile que si les différents interlocuteurs y croient ensemble. Or ceci n'est pas le cas. L'une des parties considère l'autre comme mineure ; se disant, avec un esprit des enfants de la même ruelle « Nous les avons encore eus ». Avec, aussi, en arrière-pensée, le fait –bien acquis !- que les autres ne peuvent, de toute façon, rien faire. Et qui plus est, en cas de nécessité, et la moindre erreur, la force est là pour vider, une fois pour toute, l'abcès et nettoyer le terrain de la vermine.
Jusqu'ici, les Imazighen, dans un esprit de citoyenneté sans faille, dans son cadre naturel maroco-marocain. L'autre partie crie partout, à travers le monde, que le Maroc est un pays arabe et signe, à tord et à travers des accords qui hypothèque sévèrement notre avenir. Elle croit aussi en finir avec la question à coups de textes officiels, y compris la constitution, qu'elle considère comme éternels. Elle communique de fausses statistiques aux instances internationales et aux agences gouvernementales ou privées. C'est d'une irresponsabilité enfantine ! Le monde n'est plus au temps du « Le Pharaon a dit ».
Quant aux intellectuels et gouvernements occidentaux, je dis qu'ils ne remplissent la mission universelle de dénoncer le faux et de défendre le vrai. Et si l'on peut avancer des raisons politiques ou économiques – ce qui ne peut être une justification- on ne peut trouver aucune explication au silence complice des intellectuels. Passons sur la qualité supposée de ceux-ci à être des visionnaires. Et examinons le manque de visibilité qu'on nous reproche. D'abord, faut-il rappeler que toute activité amazighe est potentiellement frappée d'illégalité ; dans un pays dit de droit. Et ceci s'est souvent traduit dans les faits, directement ou indirectement, par des interdictions (Associations, Forums, Noms amazighs, Activités culturelles, … .). Et malgré tout, des centaines d'associations, d'articles, d'activités culturelles, etc. montrent à qui veut bien voir que Tamazight est bien vivante et qu'elle est bien en marche. Alors, que faire de plus pour être visible ?
Le fait est que les pays dits démocratiques pratiquent l'option de deux poids et deux mesures. Il y a eux et il y a les autres. Il y a l'homo-démocratus et l'homo-sous-démocratus ; deux espèces d'êtres humains et qui méritent deux traitements distincts. C'est ainsi que le monde occidental est toujours intervenu en retard alors que des indices nets et nombreux – et même des faits- indiquent, bel et bien, l'imminence de conflits majeurs et/ou des génocides. Après des événements tragiques, les « intellectuels » se perdent, ou font semblant, des se perdre dans des analyses pointilleuses afin de camoufler leur inertie. Les gouvernements avancent alors la rébellion, la résistance ou le terrorisme, selon la tendance du moment, pour justifier l'aide, de toute façon tardive, accordée à telle ou telle partie.
Le problème des Imazighen est celui que connaissent les majorités. Car il s'agit d'une majorité minorisée ; traître Histoire et triste histoire ! Et l'on sait bien que les minorités et les médiocres s'organisent afin de se défendre sinon de dominer. Les majorités peuvent s'imposer, et sans aucun doute, par la force. Mais celle-ci n'a jamais été le choix des Imazighen. Ils n'y font appel que pour se défendre. Seront-ils acculés à se défendre n'importe comment afin de pouvoir exister dignement ? Les réponses décevantes données à leurs revendications n'augurent rien de bon. Ne serait-il vraiment pas possible d'éviter à notre pays des événements éventuels regrettables ?
Hha Oudadess (Rabat)
Tout d'abord, un constat. Il y an hiatus énorme entre la présence de Tamazight au Maroc –et en Tamazgha (Afrique du nord)- et sa reconnaissance dans les texte officiels de l'état. Bien plus, ce dernier, avec un mépris à peine voilé, l'ignore superbement et fait tout, en pratique, pour la dévoyer. Le but final, la mission ultime, étant d'éradication de l'amazighité.
Il n'y a pas encore de réponses vraiment positives et sincères aux attentes des Imazighen. La raison en serait le manque de visibilité du mouvement amazigh.
Je ne réponds ici aux Marocains qui avancent cet argument. Contrairement à certains d'ente nous, je considère qu'un dialogue ne peut continuer que s'il donne des résultats au fur et à mesure. De plus, il n'est utile que si les différents interlocuteurs y croient ensemble. Or ceci n'est pas le cas. L'une des parties considère l'autre comme mineure ; se disant, avec un esprit des enfants de la même ruelle « Nous les avons encore eus ». Avec, aussi, en arrière-pensée, le fait –bien acquis !- que les autres ne peuvent, de toute façon, rien faire. Et qui plus est, en cas de nécessité, et la moindre erreur, la force est là pour vider, une fois pour toute, l'abcès et nettoyer le terrain de la vermine.
Jusqu'ici, les Imazighen, dans un esprit de citoyenneté sans faille, dans son cadre naturel maroco-marocain. L'autre partie crie partout, à travers le monde, que le Maroc est un pays arabe et signe, à tord et à travers des accords qui hypothèque sévèrement notre avenir. Elle croit aussi en finir avec la question à coups de textes officiels, y compris la constitution, qu'elle considère comme éternels. Elle communique de fausses statistiques aux instances internationales et aux agences gouvernementales ou privées. C'est d'une irresponsabilité enfantine ! Le monde n'est plus au temps du « Le Pharaon a dit ».
Quant aux intellectuels et gouvernements occidentaux, je dis qu'ils ne remplissent la mission universelle de dénoncer le faux et de défendre le vrai. Et si l'on peut avancer des raisons politiques ou économiques – ce qui ne peut être une justification- on ne peut trouver aucune explication au silence complice des intellectuels. Passons sur la qualité supposée de ceux-ci à être des visionnaires. Et examinons le manque de visibilité qu'on nous reproche. D'abord, faut-il rappeler que toute activité amazighe est potentiellement frappée d'illégalité ; dans un pays dit de droit. Et ceci s'est souvent traduit dans les faits, directement ou indirectement, par des interdictions (Associations, Forums, Noms amazighs, Activités culturelles, … .). Et malgré tout, des centaines d'associations, d'articles, d'activités culturelles, etc. montrent à qui veut bien voir que Tamazight est bien vivante et qu'elle est bien en marche. Alors, que faire de plus pour être visible ?
Le fait est que les pays dits démocratiques pratiquent l'option de deux poids et deux mesures. Il y a eux et il y a les autres. Il y a l'homo-démocratus et l'homo-sous-démocratus ; deux espèces d'êtres humains et qui méritent deux traitements distincts. C'est ainsi que le monde occidental est toujours intervenu en retard alors que des indices nets et nombreux – et même des faits- indiquent, bel et bien, l'imminence de conflits majeurs et/ou des génocides. Après des événements tragiques, les « intellectuels » se perdent, ou font semblant, des se perdre dans des analyses pointilleuses afin de camoufler leur inertie. Les gouvernements avancent alors la rébellion, la résistance ou le terrorisme, selon la tendance du moment, pour justifier l'aide, de toute façon tardive, accordée à telle ou telle partie.
Le problème des Imazighen est celui que connaissent les majorités. Car il s'agit d'une majorité minorisée ; traître Histoire et triste histoire ! Et l'on sait bien que les minorités et les médiocres s'organisent afin de se défendre sinon de dominer. Les majorités peuvent s'imposer, et sans aucun doute, par la force. Mais celle-ci n'a jamais été le choix des Imazighen. Ils n'y font appel que pour se défendre. Seront-ils acculés à se défendre n'importe comment afin de pouvoir exister dignement ? Les réponses décevantes données à leurs revendications n'augurent rien de bon. Ne serait-il vraiment pas possible d'éviter à notre pays des événements éventuels regrettables ?