Les leçons glauques d'un Premier Mai

Mazigh

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Les leçons glauques d'un Premier Mai

Par : A. Darouich ( ex-rédacteur en chef d'Agraw Amazighe )

Décidement, la Marche de ce 1er Mai 2005 à laquelle ont participé quelques militants amazighes à Rabat aura été une marche pour rien. De toutes les marches qu'organisait auparavant le Mouvement Amazighe à Rabat ( hormis bien sûr celle de l'année derniére ), et ce depuis 1999, celle de cette année a été marquée par la lassitude et le disullusionement des bases militantes.
En effet, et bien que les Groupes d'Action Amazighe (G.A.A.), la composante la plus active du Mouvement à Rabat qui est d'ailleurs la principale initiatrice de cette marche, aient mobilisé des moyens nécessaires pour réussir cet événement tant attendu, le résultat n'a pas été au niveau des aspirations des Imazighens. Seuls quelques militants associatifs, quelques femmes et hommes de culture, quelques étudiants et autres journalistes ont daigné se déplacer jusqu'au centre de la capitale (!) pour apporter leur soutien aux G.A.A. et aux autres associations lors de cette manifestation aux dimentions politiques on ne peut plus clair. Lors de cette marche, la spontanéité et la ferveur d'hier a cédé la place à la déception et l'amertume, les slogans virulents d'autrefois ont tout simplement été remplacés par de timides chants transcrits sur papier sur ordre(!) à peine audibles et sans relation aucune avec la "crise amazighe" que vit le pays depuis la faillite de l'IRCAM, et, enfin, les jeunes militants qui ont marqué la contestation amazighe à Rabat ont étrangement "disparus" pour laisser la place à la vielle garde et ses acolytes, ceux qui sont partout et nulpart et qui font la châsse à la vedettariat médiatique. Ainsi, la Marche de 2005 aura été la seule qui a été marquée par un retour sur scéne ASSEZ UNCROYABLE MAIS VRAI d'une poignée d'infatiguables "présidents-à-vie" d'associations cliniquement mortes, de quelques intellos-cameléon en manque de crédibilité mais à la recherche désespérée de sources d'inspiration pour d'eventuelles conquêtes aux priviléges, et, étonnement, d'un nombre indéfini des "militants de service" dépêchés sur place pour réchauffer les masses et faire échos à qui de droit de ce qui se developpe au sein du Mouvement contestataire amazighe qui a retrouvé la saveur de la lutte d'antan, celle qui avait permis aux militants de TILILLI à Goulmima arrêtés en Mai 94 de placer la question amazighe au Maroc dans son vrai contexte politique!
Pour la majorité des observateurs qui ont suivi le parcours récent du Mouvement Amazighe au Maroc, la régression de la contestation amazighe est due essentiellement à la mauvaise gestion du dossier amazighe par "l'élite" amazighe elle-même; elle-ci n'ayant pas tout simplement été au niveau de la compléxité de la question. Les "négotiations" de d'abords de Bouznika ( en 2000 ) et par la suite d'Ajdir ( en 2001 )ont permis de voir combien cette "élite" amazighe a été assoifée du pouvoir et, ainsi, vulnérable aux priviléges. Le Pouvoir, qui n'a pas d'ailleurs trop peiné pour découvrir les points faibles de cette "élite", à tout simplement mis le paquet nécessaire pour récupérer la majorité de ceux qui se sont portés volontaires à la récupération. Le trés respectable Mohamed CHAFIQ a, malheureusemnt, servi au Pouvoir de toile d'arraignée ayant permi une récupération facile et exemplaire. Ainsi, la "nouvelle politique berbére" du Pouvoir( je cite M. Boudhane ) aura duré uniquement deux ans et demie quand, soudain, l'"inteligencia amazighe du sérail" ( je cite M. Iterguine ) reprît conscience du gouffre auquel elle s'est livrée volontairement sans contre-partie aucune. Ce fût donc le retrait de 7 membres du prestigieux temple de l'IRCAM le 21 Février dernier et le dossier amazighe au Maroc retrouve son degré zéro d'avant 94.
Toutefois, il est à signaler que l'épuisement du Mouvement Amazighe durant cette décénie ( 1994-2005 ), un épuisement qui lui a valu plusieurs plumes de perdues gratuitement, a permi, d'une part, de tester la crédibilité d'un Pouvoir fidél dans SA NOUVELLE ERE aux politiques pour le moins racistes de l'ERE REVOLUE et , d'autre part, à regénerer une nouvelle élite de militants convaincus de la nécéssité d'une lutte acharnée loin des arcanes du Pouvoir et de ces courroies de transmission. Voilà ce qui explique pourquoi la Marche du 1er Mai à Rabat s'est soldée cette année par un échec flagrant et désolant. Tout ce que l'on peut retenir de cette marche c'est la volonté de quelques responsables de l'IRCAM de se râcheter vis-à-vis des militants en scandant officieusement des slogans qu'ils renient officiellement ( je parle ici de la constitutionnalisation de Tamazighte ). Cette marche a également servi aux uns et aux autres de se repositionner dans l'échiquier amazighe et ce, peut être, pour se préparer aux éventuelles échéances liées au remplacement des 7 démissionnaires de l'IRCAM, prévu pour les quelques semaines à venir.
A l'heure où les universités vibrent au rythme d'un MCA militant et convaincu de son autonomie, et à l'heure où les Tribus des Ait Slimane ( Béni Mellal ) et des Ait Aâyyach ( Midelt )et des Ait Baâmrane ( Souss )et des Ait Ouaryaghel ( Al Houceima )militent qui pour le droit à la terre qui pour le droit aux ressources halieutiques et qui pour le droit à la forêt et qui d'autre pour la reconstruction d'une ville ravagée par le tremblement de terre...et à l'heure où le Mouvement Amazighe ressere ses rangs pour affronter des échéances qui s'annoncent décisives pour le futur de l'Amazighité au Maroc, et parmis celles-ci une éventuelle réforme de la Constitution, je dis qu'à cette heure-ci, quelques énurguménes petits "épiciers" - comme disait l'autre - continuent à vouloir mettre et le peids droit chez le Makhzan et le pied gauche chez les militants; et l'on sait évidement ce qui arrive à celui qui, dans ce cas, est obligé d'écarter les jambes !!!
A tous ceux qui se reconnaissent dans cet écrit, prierre de cesser ces attitudes qui nuissent à notre union. Prierre de laisser l'eau couler sous les ponts pour que les Imazighens retrouvent bonnes relations qui les liaient avant. Je m'adresse ici à ceux qui, sans scrupule, continuent de jouer à l'"élite" détenteuse d'une tutelle sur le Mouvement Amazighe et qui alimentent les dangereuses guégueres pour, finalement, régner sur tous le monde. Dans toutes les démocraties qui se repectent, ceux qui échouent n'ont qu'une seule et unique alternative : LA DEMISSION. Alors, vous Messieux et Dames qui avez échoué, DEMISSIONEZ, et laissez Tamazighte tranquille !!
 
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