Agraw_n_Bariz
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Le marketing "ethnique" émerge timidement en France.
PARIS, 1 avr 2005 (AFP).
- Le marketing de produits dits "ethniques" émerge timidement en France, à l'instar d'une première étude de marché qui va dresser 10.000 profils de consommateurs de ces communautés spécifiques.
La petite agence Sopi devrait publier fin avril une étude dressant 10.000 profils, après avoir rencontré une centaine de responsables associatifs, mené 250 entretiens individuels et croisé ces résultats avec les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et de l'Institut national d'études démographiques (Ined).
Sopi, d'un mot wolof sénégalais qui signifie "changement", compte également publier cinq études spécifiques sur le marché de la viande halal (abattue suivant les traditions musulmanes), la cosmétique noire, les transferts d'argent, et les médias communautaires.
"On croit que noir égale banlieue égale misère, mais on ne comprend pas que noir égale mode égale consommation", explique Constant Nemale, à la tête d'une autre agence pionnière dans ce secteur, Etnium, créée en 1997, qui promeut notamment la marque de vêtements Dia du styliste malien Mohammed Dia, très prisée par les adolescents.
Mais les agences dédiées au marketing ethnique en France se comptent sur les doigts de la main et restent de petite taille, bien que M. Nemale estime que le marketing ethnique en France "pèse plus de 2 milliards d'euros".
Etnium travaille avec 8 clients et réalise un chiffre d'affaires de 380.000 euros. Sopi, créée en 2003, compte moins d'une dizaine de salariés.
Quant aux grandes agences de communication, Euro RSCG ou Publicis, elles sont absentes du créneau en France, à l'inverse des Etats-Unis, où elles font toutes du marketing ethnique en direction des communautés noires, hispaniques ou asiatiques.
clarifié
"En France, le marché n'est pas clarifié. Il existe des circuits de communication au sein de ces communautés mais pas d'annonceurs importants", explique Marc Drillech, président de Publicis Dialog, agence de marketing direct, filiale du groupe Publicis.
Le marché en France n'est pas assez rentable, selon lui.
Pour Anne Senges, auteur d'un ouvrage sur le marketing ethnique aux Etats-Unis ("Ethnik, le marketing de la différence", 2003, éditions Autrement), le marketing ethnique est vu en France comme "une manifestation du communautarisme", qui va "à l'encontre des idéaux de la République une et indivisible" et qui favorise les ghettos.
Il n'y a pas en France de statistiques qui quantifient d'éventuels consommateurs ethniques, car on "refuse de distinguer en France les différentes ethnies et/ou races, contrairement aux Etats-Unis", ajoute-t-elle.
Sans compter que "les minorités ethniques sont peu présentes parmi les décideurs" si bien que "les deux mondes s'ignorent", déplore Jean-Christophe Despres, fondateur de Sopi.
Dans les grands groupes de distribution, la prise de conscience est récente et ne concerne que les produits alimentaires.
Cela fait seulement un an que le distributeur Auchan tient compte des calendriers religieux ou de la localisation géographique de ses magasins pour privilégier la vente de produits de telle ou telle communauté.
Peu de grandes sociétés font la promotion en France de ces produits, à quelques exceptions près comme le groupe de cosmétiques L'Oréal, qui vend des produits capillaires pour chevelures africaines, sous la marque Softsheen Carson.
La société américaine de transfert d'argent Western Union, qui permet d'envoyer rapidement des fonds à l'étranger sans avoir nécessairement de compte en banque, a lancé fin 2004 une campagne en France visant les populations immigrées.
Mais le marché reste anglo-saxon : la campagne a été réalisée par la filiale britannique de Publicis, Leo Burnett.
PARIS, 1 avr 2005 (AFP).
- Le marketing de produits dits "ethniques" émerge timidement en France, à l'instar d'une première étude de marché qui va dresser 10.000 profils de consommateurs de ces communautés spécifiques.
La petite agence Sopi devrait publier fin avril une étude dressant 10.000 profils, après avoir rencontré une centaine de responsables associatifs, mené 250 entretiens individuels et croisé ces résultats avec les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et de l'Institut national d'études démographiques (Ined).
Sopi, d'un mot wolof sénégalais qui signifie "changement", compte également publier cinq études spécifiques sur le marché de la viande halal (abattue suivant les traditions musulmanes), la cosmétique noire, les transferts d'argent, et les médias communautaires.
"On croit que noir égale banlieue égale misère, mais on ne comprend pas que noir égale mode égale consommation", explique Constant Nemale, à la tête d'une autre agence pionnière dans ce secteur, Etnium, créée en 1997, qui promeut notamment la marque de vêtements Dia du styliste malien Mohammed Dia, très prisée par les adolescents.
Mais les agences dédiées au marketing ethnique en France se comptent sur les doigts de la main et restent de petite taille, bien que M. Nemale estime que le marketing ethnique en France "pèse plus de 2 milliards d'euros".
Etnium travaille avec 8 clients et réalise un chiffre d'affaires de 380.000 euros. Sopi, créée en 2003, compte moins d'une dizaine de salariés.
Quant aux grandes agences de communication, Euro RSCG ou Publicis, elles sont absentes du créneau en France, à l'inverse des Etats-Unis, où elles font toutes du marketing ethnique en direction des communautés noires, hispaniques ou asiatiques.
clarifié
"En France, le marché n'est pas clarifié. Il existe des circuits de communication au sein de ces communautés mais pas d'annonceurs importants", explique Marc Drillech, président de Publicis Dialog, agence de marketing direct, filiale du groupe Publicis.
Le marché en France n'est pas assez rentable, selon lui.
Pour Anne Senges, auteur d'un ouvrage sur le marketing ethnique aux Etats-Unis ("Ethnik, le marketing de la différence", 2003, éditions Autrement), le marketing ethnique est vu en France comme "une manifestation du communautarisme", qui va "à l'encontre des idéaux de la République une et indivisible" et qui favorise les ghettos.
Il n'y a pas en France de statistiques qui quantifient d'éventuels consommateurs ethniques, car on "refuse de distinguer en France les différentes ethnies et/ou races, contrairement aux Etats-Unis", ajoute-t-elle.
Sans compter que "les minorités ethniques sont peu présentes parmi les décideurs" si bien que "les deux mondes s'ignorent", déplore Jean-Christophe Despres, fondateur de Sopi.
Dans les grands groupes de distribution, la prise de conscience est récente et ne concerne que les produits alimentaires.
Cela fait seulement un an que le distributeur Auchan tient compte des calendriers religieux ou de la localisation géographique de ses magasins pour privilégier la vente de produits de telle ou telle communauté.
Peu de grandes sociétés font la promotion en France de ces produits, à quelques exceptions près comme le groupe de cosmétiques L'Oréal, qui vend des produits capillaires pour chevelures africaines, sous la marque Softsheen Carson.
La société américaine de transfert d'argent Western Union, qui permet d'envoyer rapidement des fonds à l'étranger sans avoir nécessairement de compte en banque, a lancé fin 2004 une campagne en France visant les populations immigrées.
Mais le marché reste anglo-saxon : la campagne a été réalisée par la filiale britannique de Publicis, Leo Burnett.