Un drame poignant

Aghrabi

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Achraf Diwane, 7 ans, est devenu tétraplégique suite à une injection d’un vaccin contre l’hépatite B, «Engerix-B» de SmithKline Beecham qui a nié pendant 5 ans la responsabilité de son produit dans cette affaire. Or, une expertise récente du médecin légiste a établi un lien de cause à effet.

Une dérive donc, une de plus, mais de trop, à mettre sur le passif sur le corps médical et plus globalement du secteur de la Santé.
Le calvaire que vit Achraf Adam remet sur le tapis la question de la crédibilité des officines pharmaceutiques. Le vaccin, par lequel le scandale est arrivé, « Engerix-B » pour ne pas le nommer, loin d’avoir combattu l’hépatite B, a brisé la vie d’un enfant devenu tétraplégique. Et, plus globalement, de sa famille qui devra supporter le handicap de son enfant, au plan aussi bien matériel que moral.
Mais voilà, l’officine responsable de cette dérive, de son nom Smith Kline Beecham, refuse toujours de reconnaître sa responsabilité dans cette dérive.
Au détriment d’un innocent âgé de 7 ans, condamné à une inaptitude physique permanente, sachant que rien ne va à l’encontre d’une encephalopathie post-vaccinale. Et au mépris de l’expertise médicale réalisée par un médecin de l’Institut de médecine légale assermenté auprès du Tribunal de première instance Fida-Derb Soltane de Casablanca, confirmant le lien de causalité scientifique, et donc juridique, susceptible d’exister entre l’inoculation du vaccin en question et l’encéphalopathie à type de tétraplégie spastique. Sur la nature de la lésion, le rapport d’expertise stipule qu’il est « nécessaire que les lésions puissent être entraînées par le vaccin administré. Or, il s’avère que l’atteinte neurologique paralysante soit une complication admise et un risque avéré de la vaccination par le produit incriminé (Engerix B) sans que celui-ci soit défectueux ».
Une dérive donc, une de plus, mais de trop, à mettre sur le passif sur le corps médical et plus globalement du secteur de la Santé. Les bavures que subissent les patients ne se comptent plus sur le bout des doigts, tellement elles se font nombreuses ces derniers temps.
Ce qui porte à se demander s’il est possible, sinon d’amortir leurs effets, du moins les limiter. Les « cas » se sont multipliés au point que les services médicaux, pharmacies et hôpitaux compris, sont associés dans l’esprit des patients à des « mouroirs ». Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Pas plus que les doléances des victimes. Un patient veut se faire opérer du cœur, il se rend compte que ses médecins l’ont opéré du foie ! On vous fait grâce d’autres errements aussi dangereux, comme celui d’un «médecin» qui, insoucieux, a oublié son bistouri dans le ventre de sa patiente !
Cela, bien entendu, met à mal la confiance qui doit exister entre le malade et le corps médical. Une confiance qu’il serait difficile à réhabiliter, à cause, d’une part, de la multiplication des fautes professionnelles graves dans le secteur, et de l’autre, de l’impunité nourrie du silence insignifiant du Département de tutelle.
En l’absence d’une intervention urgente et ferme, les effets risqueront d’être désastreux. Et ces effets concerneront non seulement les patients victimes, il y va également de l’avenir d’une profession et d’un secteur-clef du pays.


Le 20-5-2005Par : M’Hamed Hamrouch
 
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