lematin:Vous qui défendez la maîtrise de la langue, quel est votre point de vue sur le profil linguistique au Maroc?
A. Laroui : Il est à l'image de notre société diverse, fracturée, compartimentée. Nous estimons que c'est là une richesse, nous l'affirmons en tout cas, nous devons en accepter le prix. Nous ne devons pas exiger une homogénéité linguistique que j'ai fini d'ailleurs par juger utopique. Voyez ce que j'ai écrit sur la langue de bois, si répandue chez nous. C'est l'autre face de la médaille.
lematin
onc si l'on veut une société moderne, il faut commencer par choisir et définir une culture. Comment faire alors que nous sommes bilingues et que nous avons même fini par introduire la langue Amazigh dans l'enseignement ? Croyez-vous que cette diversité profite à notre évolution culturelle ou au contraire la retarde-t-elle ?
A. Laroui
artons de cette diversité linguistique, sans doute appelée à durer, changeons de perspective et faisons notre deuil de l'expression adéquate, du langage choisi, souple et élégant. Notre rhétorique sera probablement toujours empruntée. Au lieu de la performance verbale, cherchons plutôt l'habileté artistique et la dextérité manuelle. Faisons de nécessité vertu et acceptons que le médium entre nous soit désormais le geste productif plutôt que le mot juste. Relativisons la portée de la maîtrise linguistique séquelle de l'héritage humaniste. C'est pour moi la leçon de l'expérience asiatique.
lematin.ma
A. Laroui : Il est à l'image de notre société diverse, fracturée, compartimentée. Nous estimons que c'est là une richesse, nous l'affirmons en tout cas, nous devons en accepter le prix. Nous ne devons pas exiger une homogénéité linguistique que j'ai fini d'ailleurs par juger utopique. Voyez ce que j'ai écrit sur la langue de bois, si répandue chez nous. C'est l'autre face de la médaille.
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A. Laroui
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