La réintroduction du Lion de l'Atlas

agerzam

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La réintroduction du Lion de l'Atlas
Date: 30 décembre 2003

L'affaire avait déjà été évoquée en 2000 par le Ministère Marocain chargé des eaux et forêts qui souhaite créer une zone protégée, futur lieu de réintroduction de ce fauve mythique. A première vue, le projet semble intéressant et l'intention est louable.


Le dernier spécimen a en effet été abattu en 1922 au Maroc, trophée fort recherché et victime d'un braconnage intensif, alors qu'il s'était déjà éteint en Tunisie et en Algérie quelques années auparavant.
Nettement plus gros que son cousin africain, le lion de l'Atlas vivait principalement dans les massifs montagneux. Des spécimens ont cependant pu être sauvegardés grâce à la fauverie royale de Hassan II et on trouve actuellement une cinquantaine de lions répartis dans divers zoos, dont un peu plus de la moitié vivent dans le parc zoologique de Témara, dans la banlieue de Rabat.
Cette opération est élaborée dans le cadre d'un partenariat entre les gouvernements Marocain et Britannique, car le zoo de Témara devrait être appuyé par une ONG anglaise et des scientifiques d'Oxford.

Cette réintroduction doit a priori s'étaler sur une dizaine d'années et comportera plusieurs phases de travail. Une zone protégée d'une superficie de 10.000 hectares a été délimitée dans une région très peu peuplée, et qui devra être clôturée. Il faudra y réacclimater le gibier de prédilection du grand fauve, c'est à dire des cerfs, mouflons, sangliers, singes et gazelles. Parallèlement, les scientifiques d'Oxford auront la tâche de sélectionner les géniteurs les plus purs afin de démarrer un programme de reproduction en captivité. Enfin, un couple ou deux de lions seront relâchés dans la zone protégée, et devront faire l'objet d'un suivi par les scientifiques.

L'un des buts avoués du gouvernement marocain est de profiter des retombées économiques de ce projet. Il est fort probable en outre qu'il bénéficie de subventions européennes. En effet, le programme de réintroduction de cet animal mythique devrait susciter l'engouement des adeptes du tourisme écologique. Le gouvernement espère bien créer des emplois et booster le secteur de l'hôtellerie et de la restauration.

Cependant, plusieurs facteurs sont à prendre en compte.
D'abord la population locale ne semble guère enthousiaste vis à vis du projet, la réputation de férocité du lion de l'Atlas suscitant des inquiétudes. Il est à craindre que le braconnage ne reprenne, à moins que la réserve naturelle ne soit extrêmement bien surveillée. Par ailleurs, quel sera le système mis en place pour réguler la population des fauves, surtout s'ils sont destinés à vivre sur une surface délimitée. (10.000 hectares pour des grands fauves, c'est bien peu). Les naissances seront-elles contrôlées ou, à l'instar de certains parcs africains, le tir sélectif ou les permis de chasse feront-ils partie des solutions proposées ?
Du côté du gibier réintroduit, quelles seront les conséquences sur leur environnement ? Aucune indication n'est donnée quant au nombre de bêtes à réintroduire, et à leur impact sur l'écosystème de la réserve.

Ensuite, le Maroc ne jouit pas d'une bonne réputation en matière de protection de l'environnement. Il faut rappeler qu'en l'espace d'un siècle, plusieurs espèces animales et végétales ont disparu dans l'indifférence la plus totale. A titre d'exemple, le crocodile du Nil s'est éteint dans les années 1930, tandis que les années 50 ont sonné le glas pour l'autruche, l'oryx et l'addax.
Actuellement, la panthère devrait être inscrite sur la liste des espèces disparues puisqu'aucune preuve tangible de sa présence n'a pu être rapportée, la hyène et le guépard sont en sursis, de même que le lynx caracal, le chat des sables, le chat ganté, le fennec et le chacal, et pour donner une idée du contexte, les écologistes marocains se battent en ce moment contre un projet de station balnéaire approuvé par le gouvernement et qui bafoue toutes les règles de protection de l'environnement.
De plus, le milieu naturel est également en péril. Le désert avance, et le bétail s'aventure dans les forêts, causant des dommages irréparables aux écosystèmes. Alors que le pays souffre régulièrement de la sécheresse, le cheptel ovin, lui, est en surnombre. (D'ailleurs, les éleveurs marocains seraient plutôt hostiles à la réintroduction de prédateurs qu'ils ont contribué à décimer).

Il est certain que la disparition du lion de l'Atlas (son extinction totale est prévue dans une vingtaine d'années si rien n'est fait) constituerait une tragédie supplémentaire pour la biodiversité et la conservation des espèces, mais les conditions de rétroduction de l'animal au Maroc ne paraissent pas idylliques. Il serait intéressant d'établir un parallèle avec nos grands carnivores, l'ours et le loup en particulier, qui suscitent la même méfiance chez les éleveurs français et rencontrent les mêmes obstacles sur le terrain.
Un programme de réintroduction doit-il nécessairement dépendre d'une rentabilité économique au plan national, et dans un tel contexte, si le programme réussit, quel sera le futur du lion de l'Atlas ? Ne risque-t-il pas de susciter un enthousiasme passager, qui finira par s'éteindre au milieu des difficultés économiques du pays ?

Sylvie CARDONA
 
C'est vraiment pitoyable, en moins d'un siècle on a pratiquement exterminé des animaux qui était là depuis la nuit des temps.

Est-ce qu'il y a encore quelque chose qui fonctionne dans ce pays ? :-(

[ Edité par agerzam le 12/5/2005 11:45 ]
 
Le projet en tant qu idee est concevable.....mais realiser le projet sur le terrain serait un exploit herculeen...........
En effet il faut un territoire bien determinee,cloturee duquel les exploitations agricoles auraient ete deplacees...............
peupler ce territoire des proies de prelidection du Lion...........
Donc d abord reussir le peuplement de proies avant d introduire le predateur.............
Il y a des espaces dans les Atlas qui permettent de creer ce genre de parc naturel et qui peut etre assurear la promotion touristique mieux .Au Kenya l industrie touristique vend des tours pour voir les fauves et les herbivores de la savane africaine..........Rien n empeche de creerdes parcs de ce genre au Maroc..........
L idee existe et souhaistons quesa realisation soit proche............
Oxford s etait toujours interesse al panthere du Maroc et chaque annee en hiver elle (University) envoyait uen mission d enquete au Moyen et haut Atals..........du moins dans les annees 70...........
 
va dans le coin toi sinon tes fesses vont encore tâter de mon bâton ! :-D (interprétations douteuses s'abstenir :-D)
 
Il ne reste qu'un seul lion de l'atlas. il est a Bruxelle en belgique dans la nature. il faut aller l'attraper le mettre dans une cage et le transporter vers la foret d'Ifrane
 
agerzam a écrit :
va dans le coin toi sinon tes fesses vont encore tâter de mon bâton ! :-D (interprétations douteuses s'abstenir :-D)

Hak awa hak hak! Siiiiiiiir tamadount! :-D
 
posons notre espoire sur la sciense
un jour viendras ou a partir de l ADN extrais des fossilles faire le clonage des animaux disparus
un jour tamazgha verra ces IZMAWENE SES AGRZAMES et meme ses elephants
mias le grand probleme est que les arabistes vont dire encore que tous ces animaux sont venu le l arabie saoudite
 
agerzam a écrit :


va dans le coin toi sinon tes fesses vont encore tâter de mon bâton ! :-D (interprétations douteuses s'abstenir :-D)

:-o :-o sacré professeur!!!
j'ai bien peur que dans un siecle on ne parle non pas de la reintroduction de lion de l'atlas mais de celle de l'amazigh au Maroc
 
agoram ecrit:
j'ai bien peur que dans un siecle on ne parle non pas de la reintroduction de lion de l'atlas mais de celle de l'amazigh au Maroc>
....................................
Elle est bonne cette reflexion.
A mon grand desagrement, si rien n est entrepris au plus tot ,en un siecle le Maroc serait peuple de ces voiles te de ces barbus qui pretendaient descendre des Arabes.

Je vous raconte une anectode que j ai vecue a titre personnel.
J etais a Montreal de passage avec un ami kabyle.Nous montons un taxi dont le chauffeur etait tunisien.Il reconnaissait nos visages et nous interpella : vous etes arabes!
Non! je repondai nous sommes berberes!
Et continuant la discussion :
avez vous des berberes en Tunisie? lui demandai-je.
Le pauvre chauffeur me repondit :
<<<<<<<<<<<Ah......ces pauvres gens! ont disparus de la Tunisie (NTERKU.....MANE TOUNAS).
>>>>>>>>>>>>
Et je lui ai rappele quand meme a Matmata il y en a encore des Berberes............
Et le chauffeur qui m apprenait a grand emoi:
Ce sont des acteurs qui jouent aux Berberes.........parait il ca rapporte bien avec le tourisme.............!



[ Edité par Adrar-n-illouz le 14/5/2005 1:05 ]
 
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