je pense que vous faite comme les gens que vous critiquez ,vous utilisez les memes méthodes et vous vous croyez les seules à détenir la vérité.les islamistes,les guachiste ,les communistes,les "arabistes",commes tous les autres e sont pas nous ennemis nous sommes tous des marocains (d'origines pour la majorité bérbère et de cultures déffirentes)
et n'oubliez pas que que le but dérière chaque critique sérieuse est de fair avancer les choses(notre pays,...), ,ce qui est absent(je pense) dans la votre .
et pardonnez moi si je vous ai male compri [iggot lbrih idrouss ma ytsllan igh islah ingid lbrih n tkndawt ywi tikkbilin]
assif76 a écrit :
ça m'etonnerait pas de tels propos de la part d'un obscrurentiste islamiste paumé et radicale qui prône une lecture moyen-ageuse, orthodoxe et régide des textes sacrés(le Coran). je me suis déja familiarisé avec ses pubications intégristes ecrites en arabe, si on peut appeler déja ça des publications,telles que "Hiwar ma3a al foudalaâ al demoqratiyyine" -dialogue avec les sages democrates-et "Hiwar ma3a sadiqui al Amazighi"-dialogue avec mon amis amazigh- en l'occurence ici mohamed chafiq. en gros il raconte dans ses torchons de n'importe quoi, sa haine pour le mot DEMOCRATIE en tant que terme importé de l'occident et qui demeure pour lui le synonyme du "bid3a" ou oeuvre de satan bon à banir, en guise d'alternative il propose l'instauration de l'etat islamique à travers la charia en abolissant les institutions de l'etat moderne, interdire le travaille des femmes, proceder à la coupe des mains et des pieds...bref ce que les talibans ot déja expérimenté.
dans son deuxième torchon, il s'attaque au mouvement amazigh -sachant quelui même est un berbère originaire de ihahane- en traitant ces membres et ces sympatisants et tout ceux et celles qui dénoncent le bafouement des droits culturels et linguistiques ainsi que socials des imazighens de mécriants cherchant à aneantir l'islam et l'arabe!!!. il nous traite de mercenaires de la colonisation française ... en sotant sur les faits historiques que grâce à la resistance et au courage inouis des imazighen au rif, moyen atlas ou à souss, que le maroc a obtenu son independence ou moment ou les colabos fassis et autres profitent pour envoyer leurs fils à l'étranger afin de prendre les postes clès aprés l'independence et de laisser imazighen tirer le diable par la queue. yassine rajoute egalement que l'arabe est superieur à toutes les langues et que nous sommes nous mêmes des arabes!!!
avant de conclure, j'aurais bien aimé rebondir sur ce que un certain iffis a pretendu que l'arabe est la meilleure des langues mais justement sur quel niveau monsieur? et n'es tupas au courant qu'il existe des dialectes et des langues même pas écrites dans certains coins du mondes tels que papo-new-guinea ou chez les indiens de l'amazonie qui dépassent en richesse lexicales et syntactiques les langues les plus élaborés du monde. et sache que l'arabe elle même n'etait qu'un des dialectes de l'arabie mais le coran lui confére cette dimension un peu sacré mais qui ne dépasse en rien les autres langues de l'espèce humaine ou elle se trouve.
je vous rejoint un articles tiré de tel quel magazine sur le parcours de absaalam yassine pour que vous puissiez comprendre le disequilibre d'un cheikh integriste basculé par l'obscurentisme et les fantesies-pretendre voir le prophete dans ses rêves...-
Enquête. Qui est vraiment abdeslam yassine ?
Son parcours, sa personnalité, sont riches d’étapes, et de détails, pour la plupart jalousement gardés au secret, qui sont autant de clés pour comprendre son ascension à la tête d’une association-épouvantail : Al Adl Wal Ihsane.
Le fabuleux destin de Abdeslam Yassine a commencé doucement, banalement, quand il a vu le jour en 1928 dans la région de Haha, près d’Essaouira. Berbère, issu d’une famille humble, Yassine a grandi dans une ambiance paysanne, loin des turbulences politiques qui secouent les grandes villes du royaume. Rien ne le distinguait alors de ses congénères de la campagne, si ce n’est son aptitude à apprendre vite et ses audaces verbales. Yassine fait l’école coranique avant de poursuivre, à 15 ans, sa scolarité à l’institut de Ben Youssef à
Marrakech, connu pour son enseignement religieux, mais qui sert aussi de pépinière pour les enseignants autochtones. Il y reste 4 ans et en sort, en 1949, avec le titre d’instituteur. Il part alors à El Jadida où il enseigne la langue arabe à "madrasat al-aâyane" (littéralement l’école des fils de notables). Yassine emprunte facilement les arcanes de l’éducation nationale, multiplie les affectations, qui l’envoient à Kasba, près de Béni Mellal, avant d’atterrir de nouveau à Marrakech, toujours en tant qu’instituteur d’arabe. Politiquement, son engagement est quasi nul. La déposition et l’exil de Mohammed V, suivis de l’intronisation de Ben Arafa, ne l’affectent guère. Alors que beaucoup de jeunes nationalistes, y compris dans le rang des enseignants, boudent l’école, multiplient les gestes de colère ou rejoignent tout simplement la résistance regroupée autour de l’Istiqlal, Yassine poursuit tranquillement son bonhomme de chemin. Et il grimpe les échelons. à l’indépendance du Maroc, il est promu inspecteur de l’enseignement secondaire. Le royaume, à l’époque, gâte ses cadres, pas très nombreux. Yassine fait partie du lot. En 1959, par exemple, il bénéficie coup sur coup de deux stages de formation respectivement en France et aux Etats-Unis, de 45 jours chacun. Yassine, logiquement, fait partie de l’élite du jeune ministère de l’éducation nationale. Il rédige et supervise, en compagnie d’autres cadres du département, une bonne partie des programmes de l’enseignement primaire. Dans les années 60, on trouvait ainsi des manuels scolaires citant à profusion un certain Abdeslam Yassine… Sur un plan plus personnel, l’homme se distingue par une élégance rare. Toujours rasé, bien habillé, Yassine porte le nœud papillon et roule dans de belles voitures. C’est un homme ouvert, marié à une femme d’origine tangéroise et dont le premier enfant, prénommé Nadia, voit le jour en 1961. C’est aussi un homme ambitieux, audacieux, qui n’hésite pas, par exemple, quand il dirigeait le centre de formation des instituteurs à Casablanca en 1958, à inclure l’enseignement de la musique classique parmi ses priorités ! L’homme n’est pourtant pas un adepte des bouleversements, qu’ils soient d’ordre idéologique, religieux ou politique.
Un témoin qui l’a bien connu à l’époque, l'Académicien Mohamed Chafik, résume la pensée de Yassine, dans sa première vie, de la manière suivante : "C’était un adepte d’un adage soufi, et que l’on retrouve aussi parfois chez les jésuites : l’oraison, pas la raison ! (addikrou, la al-fikrou). Pour moi, comme pour d’autres personnes qui le côtoyaient, c’était le signe d’une fermeture à tout esprit critique".
Le vrai tournant pour Abdeslam Yassine se situe en 1965, quand sa vie bascule du tout au tout. Yassine, d’après des confidences obtenues auprès de son entourage, vit des problèmes personnels. Son mariage, qui lui a déjà donné trois enfants dont deux garçons, ne fonctionne plus. Infidélités conjugales, comme l’affirment certaines voix, ou simples désaccords de la vie quotidienne, Yassine en vient à répudier sa femme retournée, depuis, à Tanger. Il se remariera plus tard avec son ancienne servante, devenue sa deuxième femme, qui lui donnera trois nouveaux enfants. L’homme s’est découvert une passion entre temps : la religion. à 37 ans, Yassine embrasse le soufisme, via la tariqa boutchichiya, dont il apprend le B.A-BA à Madagh, près de Berkane, auprès du cheikh Abbès, leader charismatique de la zaouiya. "Ses déboires personnels l’ont peut-être précipité vers le soufisme, confie ce proche, mais Yassine y fit montre d’une telle ardeur qu’il devint rapidement le bras droit du père spirituel du mouvement, le cheikh Abbes". Humainement, Yassine se retranche sur lui-même à mesure qu’il plonge dans le mysticisme, et se rapproche du père Abbès. Adieu l’homme ouvert, plutôt bon vivant des années 50. Le nouveau Yassine est un homme renfermé, qui parle bas et se dit de plus en plus "malade". Personne ne saura jamais rien sur la mystérieuse maladie qui semble ronger un Yassine qui fait le grand ménage dans sa vie. Vers 1967-1968, il obtient pourtant une super promotion en rejoignant l’administration centrale du ministère de l’éducation nationale à Rabat. Entre lui et le cabinet du ministre, il n’y a plus qu’un seul pas, quelques mètres, qu’il ne franchira jamais. Car Yassine s’absente de plus en plus, invoque inlassablement sa "maladie" et finit, carrément, par claquer la porte, peu après sa promotion. Il dédiera dès lors sa vie au soufisme, plus tard à la "politique". Son étoile grandit vite, et bien, à la zaouiya boutchichiya. Si bien que, à la mort du cheikh Abbes en 1972, Yassine fait partie des favoris logiques pour la succession. Ce n’est pourtant pas lui que les boutchichis plébiscitent mais Hamza, le fils de Abbès. "Yassine avait des ambitions légitimes, confie cet homme qui l’a connu à l’époque, mais, dans le fond, il ne se faisait guère d’illusions : Abbes, de son vivant, lui disait toujours d’obéir à Hamza, son fils. Il ne lui avait jamais rien promis. Les autres ténors de la zaouiya ne le portaient pas vraiment dans leur cœur, lui reprochant ses audaces verbales, surtout vis-à-vis du régime, mais aussi le caractère récent de son engagement dans le soufisme". Abdeslam Yassine est un cheikh surgi de nulle part qui s’est fait, en relativement peu de temps, une place au soleil (de la zaouiya). à la mort de Abbes, il prend le "maquis" et quitte la zaouiya. Il emporte dans ses bagages deux "apôtres", fidèles compagnons qui ne le quitteront plus jamais : Ahmed Mellakh et Souleimani Alaoui, deux enseignants comme lui. Sur les raisons de ce départ, Yassine expliquera à ses futurs disciples que "la tariqa sommeille, ses chefs ayant définitivement renoncé au jihad". Dès l’année d’après, en fin 1973, celui qu’on appelle désormais le cheikh prépare son acte de naissance politique : "Al-Islam aw Attoufane (l’Islam ou le déluge)" qui voit le jour en 1974. De quoi s’agit-il ? D’une très longue lettre adressée à Hassan II. Yassine alterne la nassiha (conseil religieux) et les ordres au roi. Le ton est étonnamment effronté (nous sommes alors en pleines années de plomb et Hassan II inspire une crainte infinie à tout le monde) mais la teneur politique est tout sauf rationnelle. Le cheikh, en s’adressant dans un passage à Hassan II, lui dit, littéralement : "Balaie les partis politiques et viens qu’on s’assoie ensemble : toi, moi et l’armée !". Le document est un manuscrit de plus de 100 pages, écrit dans un style parfois approximatif, mais qui ne manque pas de courage. Suicidaire, ou presque. Plusieurs copies sont faites clandestinement et l’une de ces copies atterrit dans le bureau du gouverneur de Marrakech, censé la transmettre au roi. La réplique ne se fait pas attendre : Yassine est arrêté presque sans délai. Les fidèles Mellakh et Alaoui aussi. Le trio est convoyé immédiatement à Derb Moulay Chérif où il subit un examen de situation. L’enquête s’avère infructueuse et la police, sur instructions directes du palais, prend la décision de relâcher les compagnons de Yassine et d’expédier le cheikh à l’asile psychiatrique de Marrakech. Une punition à peine plus clémente que le transfert, quelques mois auparavant, des mutins de Skhirat à Tazmamart ! Le cheikh passera en effet 42 mois à l’asile, privé de lecture et recevant des visites au compte-gouttes. Une véritable damnation. Jusqu’à sa relaxation, en 1979, aucun parti, aucune ONG ne se sont jamais portés à son secours. De là est né une cassure entre Yassine et l’ensemble de la classe politique, voire les ONG humanitaires. Le long exil "chez les fous" a façonné d’encore plus près la personnalité de Yassine. Il lui a aussi fait gagner, en contre-partie, de larges sympathies dans l’underground islamiste. à sa sortie en 1979, le cheikh quitte définitivement Marrakech et s’installe à Salé, pour se rapprocher de l’axe Casablanca-Rabat. Il a désormais la carrure d’un véritable leader, qui séduit et fédère autant par ses références à Dieu que par ses audaces politiques. Une deuxième "promotion" de disciples se greffe ainsi autour du rescapé. à la tête de ces nouveaux lieutenants, on retrouve un certain Mohamed Bachiri, imam (et enseignant) très connu dans les milieux populaires de Casablanca. En se ralliant à Yassine, Bachiri ramène avec lui une véritable armée de jeunes, chômeurs, ouvriers ou étudiants. Il devient pratiquement le bras droit de Yassine et l’architecte véritable de ce qui deviendra, plus tard, Al-Adl Wal Ihsane.
En 1979, Yassine trouve un nouveau tremplin politique avec la révolution en marche à Téhéran. Khomeiny instaure une république islamique en Iran ; Yassine y puise une raison de croire à l’avènement de la khilafat à la place de la monarchie hassanienne et, surtout, un argument pour séduire les foules. Le petit cercle réuni autour du cheikh s’agrandit considérablement. Yassine, qui n’a rien d’un tribun, parle peu, ou mal (il s’exprime essentiellement en darija), mais on parle de plus en plus de lui. Il écrit beaucoup. Les publications du cheikh se suivent et se ressemblent, vantant les mérites de la révolution iranienne et dénonçant le "mounkar" de la société et du régime marocains. En 1983, l’un de ses écrits parus sur un journal éphémère ("Assoubh") lui vaut une nouvelle arrestation. Cette fois, Yassine passe par le tribunal où il écope d’une peine de deux ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’état. Un délice par rapport aux 42 mois de l’asile des fous à Marrakech. Yassine passe les deux années de prison entre Rabat et Kénitra, où il côtoie notamment les détenus d’Ilal-Amam. Malgré quelques approches, jamais le courant ne passera réellement entre lui et les amis de Serfaty, bien au contraire (lire encadré p.22). Deux années après sa sortie de prison, Yassine décide, en septembre 1987, de donner un nom propre à sa jamaâ : Al Adl Wal Ihsane. L’illuminé qui avait osé défier Hassan II en 1974 s’est définitivement installé dans la peau d’un chef islamiste. Le régime, en tout cas, le prend au sérieux. La preuve, le 30 décembre 1989, la police de Hassan II décide d’assigner le cheikh dans sa résidence de Salé, une manière de limiter ses déplacements devenus très importants à travers le royaume. Qu’à cela ne tienne, Al Adl Wal Ihsane a tissé sa toile aux quatre coins du pays, étendant son réseau à l’université et même parmi les RME. Le "parti" est solidement installé, fonctionnant sous la direction collégiale d’un Majliss Al-Irchad dominé par Bachiri, Fathallah Arsalane, Mohamed Abbadi et quelques autres. De décembre 1989 à mai 2000, Yassine reste assigné à résidence, mais continue de recevoir ses disciples, de plus en plus nombreux, avec ou sans le contrôle des policiers qui surveillent son domicile (lire encadré ci-contre). Ces onze longues années d’assignation ne seront interrompues que l’espace de quatre jours, en décembre 1995. Que s’est-il passé au juste ? La réponse est simple : Hassan II s’apprêtait à l’époque à recevoir l’Israélien Shimon Peres. Peut-être pour anticiper sur la colère de la rue, et sans doute aussi pour sonder les intentions de Yassine, le roi avait décidé de lever l’assignation. C’était un jeudi et, le vendredi, Yassine, qui n’a pas perdu son temps, s’est rendu à la mosquée de Salé. Son prêche sonne encore dans l’oreille des fidèles. "Yassine a dédié son intervention aux Juifs, se souvient un disciple. Il a dit en substance : si nous les recevons ici, les bras ouverts, que fera-t-on du Coran qui nous pousse à les éviter ? Doit-on changer le texte de Dieu ?". Incendiaire ! Le lundi, Yassine est de nouveau "verrouillé" dans sa modeste villa de Salé. Il le restera jusqu’en mai 2000, sans interruption.
De sa demeure à Salé, Yassine mène de longues négociations avec le régime de Hassan II. Les émissaires du roi proposent au cheikh "un pacte de paix mutuelle et une reconnaissance en tant que parti politique" mais exigent, en retour, que la jamaâ "ne remette jamais en cause le statut de commandeur des croyants dévolu au souverain". Selon un observateur qui a bien connu Yassine, "le cheikh s’est déplacé jusqu’en prison où certains de ses lieutenants du Majliss Al-Irchad étaient détenus au début des années 90, pour les consulter, avant de donner une réponse, déjà arrêtée, aux représentants du roi : ça sera non !". Sur le fond, Yassine et ses hommes refusent de "digérer" le statut de commandeur des croyants tel que Hassan se l’est taillé via les différentes Constitutions. Sur la forme, ils refusent de s’abaisser pour le baise-main traditionnel, rappelant que "on ne s’incline qu’une fois : devant Dieu" (Et accessoirement devant Yassine, pour ses fidèles). Mais le plus étonnant, dans cette révélation, est que Yassine était censé être en résidence surveillée, interdit de quitter son domicile… Jusqu’où sont allées, en fait, ces négociations et est-ce que Yassine a déjà rencontré le roi en personne ? Officiellement, ni l’un ni l’autre n’en ont jamais fait état. Même si certains soutiennent qu'au lendemain du coup d’état de 1972, Hassan II aurait accueilli une délégation de boutchichiyines venus lui apporter leur "baraka" et que Yassine en aurait fait partie…
à l’arrivée de Mohammed VI, Yassine se rappelle encore une fois au souvenir des Marocains, et du roi en particulier, en adressant à ce dernier un mémorandum retentissant : "Lettre à qui de droit". Comme avec Hassan II, 26 ans auparavant, le cheikh fait dans la nassiha et les instructions directes, invitant entre autres le jeune souverain "à restituer la fortune amassée (par son père) au peuple". Dans l’entourage du cheikh, les moins fidèles laissent entendre que la main de sa fille Nadia n’est pas étrangère à la rédaction du texte. Mais dans tous les cas, le cheikh bénéficie d’une levée de l’assignation à résidence peu après, en mai 2000. Redevenu libre de ses mouvements, Yassine reprend son bâton de pèlerin, effectuant des sauts jusqu’à son village natal de Haha. Sa villa à Salé, communément appelée Ad-Dar Lakdima (la vieille demeure originelle), où il réside en compagnie de sa femme et de quelques fidèles serviteurs, ne désemplit pratiquement jamais. Le cheikh se rend aussi régulièrement dans les deux villas voisines, qui appartiennent à la jamaâ, et dont l’une abrite régulièrement les rencontres d’Al Adl Wal Ihsane. Des rencontres où les commentaires politiques le disputent allègrement aux "séances d’écoute" largement dédiées aux rêves, visions et autres illusions optiques. Dans l’une de ces séances, par exemple, tenue à la fin 2004, une femme a confié au cheikh avoir vu (en rêve) la tête de Yassine sur le corps de Hassan II. Un rêve qui aurait reçu, par consensus, l’interprétation suivante : "La délivrance, via l’avènement d’un nouveau règne, est proche !". Au cours d’une autre séance d’écoute, une fidèle a confié avoir vu, en plein jour, le prophète monter dans un autocar qui faisait escale à Had Soualem, sur son chemin vers Casablanca…
Sur un plan plus politique, Yassine continue de tenir les rênes de son "parti", sans doute le plus important (par le nombre) de tout le royaume. Il est secondé par le fameux Majliss Al-irchad, sorte de conseil des sages, regroupé autour de Fathallah Arsalane, porte-parole officiel de la jamaâ, du fidèle Souleimani Alaoui, de Abdelouahed Moutawakil, qui dirige en même temps la da’ira siyassiya (équivalent d’un bureau politique) et surtout de Mohamed Abbadi, responsable pédagogique d’Al Adl et premier candidat à la succession de celui que l’on appelle "Sidi Abdeslam". Sans oublier la jeune garde dirigée par le tandem Abdessamad Fethi – Omar Aherchane. Un grand absent parmi tous ces hommes : Mohamed Bachiri, décédé en 1999, après avoir été éjecté de la jamaâ quelque temps auparavant. Ancien responsable d’Al Adl à Casablanca, celui qui a organisé le secteur estudiantin et les finances de la jamaâ, premier rabatteur et véritable poumon du parti, avait fini par dénoncer les méthodes de son maître : "Pour Bachiri, dit aujourd’hui l’un de ses proches, Yassine a reproduit, sur la fin, les égarements du cheikh Abbes de la zaouiya boutchichiya, en permettant l’ascension de sa fille Nadia, alias la Chrifa, et en réduisant le principe de la choura au strict minimum". Bachiri était à Yassine ce qu'Elyazghi a longtemps été à Youssoufi : l’éternel second, qui fait tout et piaffe d’impatience à l’ombre du chef. Il était aussi la seule voix autorisée qui refusait le penchant pour les "rêves" et les visions, si chers à la jamaâ. Bachiri, qui incarnait dans le même temps l’aile salafiste d’Al Adl, a sans doute payé pour l’ascension de Nadia Yassine, son plus farouche adversaire. Jusqu’où ira Nadia et sera-t-elle encore là à la mort de son père ? Jusqu’où iront les apôtres, si le maître au destin fabuleux venait à disparaître ?
Prison Laâlou (1983-1984). La méthode Yassine
En décembre 1983, Abdeslam Yassine a débarqué à la prison Laâlou, à Rabat. L’un des pensionnaires du lieu, militant d’extrême-gauche, se souvient : "Yassine était placé dans une chambrée où s’entassaient plusieurs dizaines de personnes, que l’on désignait entre nous par "l’aile des vieux". Nous, les détenus politiques, on était logés dans une autre aile, dans des conditions nettement plus confortables… Quand on a appris qu’un certain Abdeslam Yassine, auteur d’un manifeste contre le roi, était à Laâlou, on a mis la pression sur la direction de la prison pour le transférer parmi nous, comme détenu d’opinion. Ce qui fut fait… Yassine vivait en reclus, parlant peu, ne débattant jamais de quoi que ce soit avec nous. Il semblait ailleurs. Au début, il ne recevait pratiquement pas de visites. Il mangeait avec nous, bénéficiant du système qu’on avait instauré : la redistribution des paniers de nourriture selon les besoins de chacun, et non pas selon la provenance des paniers… Un jour, Yassine a reçu enfin une visite et un panier. Nous avons inclus son panier parmi les autres, mais il a protesté. Il voulait son panier pour lui tout seul, violant nos règles de fonctionnement et se mettant en dehors de la communauté que nous formions malgré tout. Nous croyions qu’il avait très faim… En fait, Yassine ne s’est presque pas servi du panier, se contentant d’en redistribuer le contenu à droite et à gauche, parmi des détenus de droit commun. Plus tard, à mesure qu’il s’éloignait de nous, on le voyait entouré d’une cohorte de disciples pour la plupart jeunes, recrutés sur place, qui l’écoutaient, le protégeaient et le servaient. Il n’avait plus besoin de nous pour les paniers comme pour le reste…"
Témoignage. "J’étais disciple de Yassine"
N.I est un commerçant à Casablanca. Il a intégré la jamaâ de Yassine en 1983, et l’a quittée en 1995. Il a rencontré plusieurs fois le cheikh Yassine à Salé : "Je me suis retrouvé à la jamaâ sans m'en rendre vraiment compte, progressivement, par amis interposés. Je venais de me marier et je n’avais pas de logement. La jamaâ, par l’intermédiaire d’un naqib ousra (encadreur de quartier), m’a loué un grand appartement, à la condition d’y recevoir de temps en temps certaines réunions informelles entre sympathisants… On m’a appris, tout au long de ces années, à vénérer la personne du cheikh, que je suis allé voir plusieurs fois à Salé. Une fois je suis allé à son domicile, alors qu’il était assigné à résidence, et j’ai pu y pénétrer sans rencontrer le moindre policier à l’entrée… Le cheikh ne s’exprimait pas beaucoup, sauf lorsqu’il s’agissait de raconter ou d’interpréter les rou’â (rêves, visions). La plupart lui embrassaient les mains, l’épaule, parfois les pieds. Le cheikh n’appelait pas à cela mais il n’y répugnait pas non plus… J’ai grimpé les échelons grâce à ma discipline et à mon obéissance. Celui déroge à la règle du samaâ wa atta’â (obéissance totale) au maître n’ira pas loin, voilà ce qu’on nous a toujours répété. Avec le temps, on nous expliquait aussi comment le régime était corrompu et ne respectait aucun précepte de l’islam. Nous avions toujours été convaincus que la délivrance et le rétablissement de l’équité, via un nouveau régime, était proche et qu’il fallait qu’on se tienne prêts… Personnellement, j’ai rejoint le cheikh sous l’influence de Mohamed Bachiri, qui était l’imam de notre quartier. J’ai quitté la jamaâ avec la mise à l’écart progressive de Bachiri, j’ai beaucoup voyagé depuis, visitant d’autres pays, d’autres cultures. Je n’ai plus rien à voir avec Yassine et ses hommes, je ne les crois pas porteurs d’un projet véritable mais je respecte au moins une chose : la défiance qu’ils manifestent encore vis à vis du pouvoir".
[ Edité par assif76 le 10/4/2005 12:36 ]
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