L'avarice chez les chleuhs , qui n'est pas necesairement un vice, est plutot un probleme de l'imaginaire arabophone marocain. Cette reputation d'avarice chleuh vient par ailleurs de tres loin. Deja au 16eme siecle, un poete arabophone Abderahman Majdoub, avait noté cette qualité dans l'un de ses poèmes:
Swasa nas qsur
U tlahu f lgherb qruda
Ila 3mel fik Ssusi lkhayr
Tta shehma f lqruda
Les Soussis, gens (vils comme) épluchures
Et ils se sont lancés contre le Gharb (les plaines atlantiques) comme des cailloux
Si le Soussis te fait du bien
Alors, c’est que la graisse la voilà sur les singes !
Mais lorsqu'on etudie ce comportement en detail, on decouvre autres choses.
Car, il ne s'agit ici pas d'avarice, mais
d'amenagement rationel de ses recources materieles indispensable pour survivre.
Le pays du Souss est peu fertile. La survie des hommes depend principalement du travail dur,
de la discipline, du dévouement, de la modestie et de l'epargne. Le taux moyen de travail chez les
Chleuhs est nettement elevé. L'ethique du travail est sacrée. L'epargne est une tradition bien enracinée qui passe de père en fils. Les plus dévoués reinvestissent leurs gains pour en faire d'autres. On connait beaucoup d'exemples modernes au Maroc et ailleurs.
Ceux et celles qui pretendent ne pas accorder d'importance aux richesses materieles
racontent n'importe quoi. Ils réagissent par idealisme naif et, je soupconne aussi, mal
intentioné. Car cet idealisme n'est que l'expression d'un sentiemnt de ceux qui ne se
sentent pas à l'aise face au Chleuhs qui ont travaillé dur, epargné et reinvesti leur
gains. Ils se sentent mal à l'aise car ils croient ne pas avoir, eux aussi, ce qu'ils pretendent meriter devant les autres qui en ont deja assez.
Allez, bon soir!